Depuis trois semaines, l’association franco-ukrainienne Côte d’Azur est en première ligne de l’urgence humanitaire dans les Alpes-Maritimes. Ce vendredi à Nice, elle a fait le point sur ses actions et les besoins.
Elles sont épuisées, éprouvées, angoissées, mais plus que jamais mobilisées. Les responsables de l’association franco-ukrainienne Côte d’Azur (Afuca) – des femmes en grande majorité – ont fait le point sur la situation dans les Alpes-Maritimes, ce vendredi à Nice, après trois semaines de guerre en Ukraine. Collectes de dons, hébergement des réfugiés, accueil des enfants, emploi… Ces bénévoles expliquent leurs actions, les besoins, et lancent de nouveaux appels à la solidarité.
A la base, notre association créée en 2016 avait une mission purement culturelle. Depuis le 24 février, tout a changé », explique Iryna Podyryako, la présidente de l’Afuca. Objectif: urgence humanitaire. Dès les premiers jours, la communauté ukrainienne de la Côte s’est mobilisée pour envoyer à la frontière des minibus, puis des camions chargés de dons. Elle a rapidement reçu le soutien de la Métropole Nice Côte d’Azur.
Un septième camion est déjà en partance pour la Pologne. Mais les besoins ont évolué. « Pour l’instant, nous n’avons pas besoin de vêtements. La priorité, ce sont les médicaments, la médecine d’urgence contre les saignements et pour opérer, la nourriture pour bébés, les vêtements de protection (gilets pare-balles, casques) pour les bénévoles et les médecins… » Pour le trajet retour, les camions ne repartent pas à vide, mais convoient des réfugiés.
D’après l’Afuca, environ 3000 réfugiés auraient déjà été accueillis dans les Alpes-Maritimes. « Mais tout le monde n’est pas encore enregistré. Beaucoup ont été accueillis par leur famille », précise Olga Monakh. Les autres sont passés par la Maison d’accueil des victimes, l’ancien hôpital Saint-Roch, ou le 64 bd Cyrille-Besset pour l’accueil de nuit, avant de trouver une famille hôte.
Les propositions sont nombreuses. Mais les sollicitations, encore plus. « Tout le monde est attiré par Nice, sa réputation de carte postale, son aéroport », constate Iryna Podyryako. à tel point que les capacités d’accueil commencent à saturer. Depuis jeudi, les réfugiés qui n’ont pas de famille pour les accueillir sur la Côte sont orientés, de préférence, vers d’autres départements. L’Afuca les sensibilise aussi à l’accueil dans des villages, « où la qualité de vie peut être meilleure qu’en ville ».
Leurs compatriotes l’assurent: « Les Ukrainiens ne veulent pas rester longtemps, même si on ne sait pas combien de temps cela va durer. Ils ne veulent pas être un poids. Beaucoup cherchent un travail. » Des entreprises ont commencé à proposer de les recruter. L’Afuca appelle à la création d’une plateforme de mise en relation en ligne.
Autre priorité: les enfants déracinés. « Ils sont notre avenir. Nous devons les sauver de ce choc, insiste Olena Babiy. C’est génial que le gouvernement français leur ait ouvert les portes des écoles. Mais cela ne suffit pas. Nous essayons de leur proposer leurs activités habituelles. » Elle invite d’autres associations à mettre à disposition leurs locaux, comme l’ont fait Del’Art et Terre Bleue pour l’Afuca.
Prochains rendez-vous à Nice: un nouveau rassemblement sur la Prom’, en face du Negresco, ce dimanche à 11h. Puis le grand concert solidaire organisé à l’opéra de Nice, le mardi 22 mars à 20h, au profit de l’Ukraine.
Olga Monakh s’y produira au piano avec son mari, le Niçois Nicolas Bringuier. Elle demande « beaucoup de patience aux Français avec les Ukrainiens. Ils n’ont pas les mêmes cultures. Evitez de leur parler directement de leur traumatisme. »




